mercredi 27 février 2013

Devoirs

2nde pour le lundi ou mardi selon les groupes : 

- Fin du polycopié sur Sainte-Foy-de-Conques

- Manuel p. 89 questions 1.2.3.4.5.6

-  D'après le texte ci-dessous, répondre aux questions suivantes :
1. A l'aide de cercles concentriques, représenter l'espace mental du chrétien (lieux proches et éloignés)
2. Qu’apprend-on sur la place des morts au Moyen Age ?
3. Comment est perçu le cimetière au Moyen Age ?


Au centre du village, l’église et le cimetière
                « Alors que l’habitat du haut MA était largement dispersé, l’Occident se couvre, à partir du XIe siècle, d’un réseau de villages fixes. Si la contrainte du seigneur joue un rôle notable dans ce processus d’encellulement », l’église et le cimetière forment plus souvent encore le pôle autour duquel les populations se regroupent. 
                Selon des modalités diverses, le bâtiment ecclésial devient le cœur de l’organisation spatiale de la chrétienté. Dans la représentation concentrique de l’espace villageois, l’église est le lieu le plus intérieur, avec autour d’elle, la terre des morts, puis l’espace habité. Au-delà, s’étendent les terres cultivées (ager), puis le domaine de l’inculte (saltus), généralement occupé par la forêt, espace extérieur plein de dangers et néanmoins indispensable à l’économie agraire. Plus loin encore, les paroisses limitrophes forment le « pays de la connaissance », dans lequel se déroule presque toute la vie sociale des villageois. Au-delà de vingt-cinq ou trente kilomètres, commence l’inquiétante extériorité du monde étranger. 
                 Autour de l’église, c’est le cimetière que l’on trouve d’abord. Bien loin d’aller de soi, une telle localisation est le résultat d’une mutation fondamentale. Dans l’Antiquité romaine, les morts, jugés impurs, étaient enterrés loin des espaces habités. A l’exception des saints, tôt ensevelis dans les églises urbaines, les chrétiens ont d’abord suivi cet usage. 
                La véritable rupture intervient au XIe siècle : le cimetière paroissial, attenant à l’église, se généralise partout et constitue dès lors le seul lieu licite de sépulture des défunts. Les morts sont donc regroupés de manière systématique au cœur des espaces habités, ruraux ou urbains. Autrement dit, c’est autour des morts que les vivants sont désormais rassemblés. 
                La contiguïté entre l’église, le cimetière et l’habitat est également sensible dans les statuts synodaux du diocèse de Cambrai. Les règles que le clergé s’efforce de faire respecter montrent a contrario à quel point le cimetière est un lieu animé et intégré à la vie sociale : on y danse, on y fait du commerce, on y rend la justice. Sans avoir besoin de sortir de leurs tombes, les morts jouent un rôle actif dans les affaires des vivants : ils sont les garants de la coutume et le cimetière offre la caution de la tradition qu’ils incarnent. La présence des morts au milieu des vivants est une situation singulière et historiquement exceptionnelle. Elle caractérise en propre la longue durée du féodalisme, qui prendra fin lorsque les morts seront reconduits, à partir du XVIIIe siècle, hors des espaces habités ». 
BASCHET Jérôme, « La chrétienté médiévale. Représentations et pratiques sociales », Documentation photographique, n°8047.






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