- Fin du polycopié sur Sainte-Foy-de-Conques
- Manuel p. 89 questions 1.2.3.4.5.6
- D'après le texte ci-dessous, répondre aux questions suivantes :
1. A l'aide de cercles concentriques, représenter l'espace mental du chrétien (lieux proches et éloignés)
2. Qu’apprend-on sur la place des morts au Moyen Age ?
3. Comment est perçu le cimetière au Moyen Age ?
Au centre du village, l’église et le cimetière
« Alors que l’habitat du
haut MA était largement dispersé, l’Occident se couvre, à partir du XIe siècle,
d’un réseau de villages fixes. Si la contrainte du seigneur joue un rôle
notable dans ce processus d’encellulement », l’église et le cimetière
forment plus souvent encore le pôle autour duquel les populations se
regroupent.
Selon des modalités diverses, le
bâtiment ecclésial devient le cœur de l’organisation spatiale de la chrétienté.
Dans la représentation concentrique de l’espace villageois, l’église est le
lieu le plus intérieur, avec autour d’elle, la terre des morts, puis l’espace
habité. Au-delà, s’étendent les terres cultivées (ager), puis le domaine de l’inculte (saltus), généralement occupé par la forêt, espace extérieur plein
de dangers et néanmoins indispensable à l’économie agraire. Plus loin encore,
les paroisses limitrophes forment le « pays de la connaissance »,
dans lequel se déroule presque toute la vie sociale des villageois. Au-delà de
vingt-cinq ou trente kilomètres, commence l’inquiétante extériorité du monde
étranger.
Autour de l’église, c’est
le cimetière que l’on trouve d’abord. Bien loin d’aller de soi, une telle
localisation est le résultat d’une mutation fondamentale. Dans l’Antiquité
romaine, les morts, jugés impurs, étaient enterrés loin des espaces habités. A
l’exception des saints, tôt ensevelis dans les églises urbaines, les chrétiens
ont d’abord suivi cet usage.
La véritable rupture intervient
au XIe siècle : le cimetière paroissial, attenant à l’église,
se généralise partout et constitue dès lors le seul lieu licite de sépulture
des défunts. Les morts sont donc regroupés de manière systématique au cœur des
espaces habités, ruraux ou urbains. Autrement dit, c’est autour des morts
que les vivants sont désormais rassemblés.
La contiguïté entre l’église, le
cimetière et l’habitat est également sensible dans les statuts synodaux du
diocèse de Cambrai. Les règles que le clergé s’efforce de faire respecter
montrent a contrario à quel point le cimetière est un lieu animé et intégré à
la vie sociale : on y danse, on y fait du commerce, on y rend la justice.
Sans avoir besoin de sortir de leurs tombes, les morts jouent un rôle actif
dans les affaires des vivants : ils sont les garants de la coutume et le
cimetière offre la caution de la tradition qu’ils incarnent. La présence des
morts au milieu des vivants est une situation singulière et historiquement
exceptionnelle. Elle caractérise en propre la longue durée du féodalisme, qui
prendra fin lorsque les morts seront reconduits, à partir du XVIIIe
siècle, hors des espaces habités ».
BASCHET
Jérôme, « La chrétienté médiévale. Représentations et pratiques
sociales », Documentation
photographique, n°8047.
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